Les chasseurs à l’école ? Éducation à l'environnement et non prosélytisme pour la chasse

Les interventions des fédérations des chasseurs dans les établissements scolaires et les centres d’activités péri-scolaires agitent beaucoup la mouvance animaliste, qui ne cessent de crier au scandale pour dénoncer un prétendu prosélytisme. Ce n’est — évidemment, pas le cas. Retour à la réalité, en détail…

Sommaire

Un cadre strictement défini par l’Éducation nationale


Convention de partenariat pour l’éducation au développement durable (Télécharger).

Les fédérations nationale, régionales et départementales des chasseurs sont agréées comme Association de Protection de l’Environnement, délégataires de missions de service public, parmi lesquelles l’éducation à l’environnement. Leurs actions éducatives en milieu scolaire sont régies par une convention de partenariat pour l’éducation au développement durable, établie en mars 2010 par la Fédération nationale des chasseurs et les ministères de l’Éducation nationale et de l’Écologie, suite au Grenelle de l’environnement. Elles sont strictement limitées « au domaine de l’éducation des élèves au développement durable, à la biodiversité et au respect de la nature. » Des conventions régionales et départementales établies avec les autorités académiques reprennent localement les termes de cette convention.

Les animations pédagogiques organisées par les fédérations se bornent donc au cadre défini par les programmes scolaires : sciences du vivant et développement durable et les projets pédagogiques des établissements, validés par l’autorité académique. Il ne s’agit en aucun cas de promotion de la chasse, comme le rappelle la Charte des fédérations des chasseurs pour l’éducation à la nature en faveur du développement durable :

  • Favoriser la découverte et la compréhension de l’environnement proche de l’enfant et souvent méconnu, recréer du lien entre les enfants et la nature.
  • Ancrer la découverte de la biodiversité dans la vie du territoire à travers des activités environnementales, économiques, sociales, et culturelles.
  • Permettre une appropriation de la nature par une approche sensorielle (apprendre à écouter, observer, sentir, toucher, goûter) en privilégiant l’expérience, le contact direct avec la nature.
  • Développer la curiosité, la créativité, l’esprit critique, la démarche d’investigation.
  • Contribuer à l’éducation au respect de l’autre et de l’environnement.
  • Proscrire tout prosélytisme sur la chasse ou tout sujet susceptible de heurter la sensibilité des enfants.

Comme le souligne ce document de la Fédération Interdépartementale des chasseurs d’Île-de-France :

La question de la chasse, lorsqu’elle est abordée par les enseignants, les parents encadrants, ou les élèves, est traitée comme l’un des facteurs d’utilisation d’une ressource naturelle, soumise, elle aussi, au principe de durabilité, mais n’est jamais abordée sous l’angle de la propagande en faveur de son exercice.

Précisons que la même convention de partenariat avec l’Éducation nationale et le ministère de l’écologie régit les interventions scolaires de la Fédération nationale de la Pêche… auxquelles, curieusement, on ne fait aucun reproche de prosélytisme

Par des animateurs agrées, sous le contrôle des enseignants


Les maternelles de l’école de Nanteuil dans les Deux Sèvres découvrent la faune et la flore de la mare avec un animateur spécialisé de la fédération des chasseurs du département (source FDC 79).

Ces interventions en milieu scolaire doivent être autorisées par le chef d’établissement et approuvées par l’équipe pédagogique. Elles sont préparées avec celle-ci et recourent à un matériel pédagogique neutre, élaboré avec l’aide d’enseignants pour répondre aux besoins des cycles concernés. Enfin, chaque animation réalisée fait l’objet d’un bilan qualitatif.

Elles sont réalisées non par « les chasseurs » mais par des techniciens des fédérations, diplômés notamment en biologie des espèces, qui sont également agréés en tant qu’animateurs par l’Inspection Académique.

Ajoutons enfin que la présence permanente de l’enseignant auprès des élèves pendant toute la durée de l’intervention garantit contre d’éventuelles dérives inopinées.

Des activités inscrites dans le cadre des programmes scolaires


Référentiel des interventions en milieu scolaire de la Fédération des chasseurs d’Indre-et-Loire (Source FDC 37)

Il ne s’agit pas de communication sur la chasse, mais d’éducation et de sensibilisation sur la nature et le vivant, les grands enjeux environnementaux de la Stratégie nationale pour la biodiversité et la transition écologique, conformément aux programmes scolaires de l’école, du collège et du lycée. À l’école, au cycle 2 par exemple :

  • Questionner le monde du vivant, de la matière et des objets
    • Développement d’animaux et de végétaux
    • Cycle de vie des êtres vivants
    • Quelques besoins vitaux des végétaux
    • Caractéristiques morphologiques de quelques organismes vivants qui peuplent un milieu
    • Identifier les interactions des êtres vivants entre eux et avec leur milieu
    • Diversité des organismes vivants présents dans un milieu et leur interdépendance
    • Régimes alimentaires de quelques animaux
    • Relations alimentaires entre les organismes vivants
    • Chaînes de prédation
  • Questionner l’espace et le temps
    • Identifier les rythmes cycliques du temps
  • Explorer les organisations du monde
    • Reconnaître différents paysages : les littoraux, les massifs montagneux, les campagnes…

Le sentier ludo-pédagogique de la fédération des chasseurs de l’Aveyron à la Gachoune (Source: FDC 12)

Les activités peuvent être réalisées en classe, à proximité de l’école, en pleine nature ou encore sur les sites spécifiquement aménagés par les fédérations.

La Fédération Départementale des Chasseurs de l’Aveyron, par exemple, a mis en place dans son centre de formation de la Gachoune un espace ludo-pédagogique offrant un parcours « olympiade » de découverte de la faune sauvage, un jeu de pistage dans la forêt, un jardin pédagogique et un sentier de découverte de la faune, de la flore et des paysages du causse Comtal accessibles aux personnes à mobilité réduite.


Le Mobil’Faune de la FDC88

Plusieurs fédérations utilisent le « Mobil’Faune », créé à l’origine par la Fédération des Chasseurs du Bas Rhin : une remorque véhiculée dans tout le département, équipée pour sensibiliser à la faune sauvage locale dans les écoles. Cet outil pédagogique permet d’expliquer le mode de vie, la reconnaissance entre mâle et femelle, le système de reproduction pour les différentes espèces fréquemment rencontrées. La reconnaissance des espèces se fait ensuite par la présentation des cris, chants et empreintes des animaux.

Les activités sont très variées, en fonction des âges et des objectifs. Le site de ressources ekolien donne un bon aperçu des multiples thèmes abordés. Quelques exemples de ces activités :


Animation sur le thème de l’herbier, en cycle 2 et 3. Fédération des chasseurs des Deux-Sèvres (Source FDC 79).
  • Participation à des comptages nocturnes ou au brame pour les classes de lycée ou de collège
  • Réhabiliation des milieux : plantation de haies, restauration de mares
  • Fabrication de nichoirs, d’hôtels à insectes, etc.
  • Observation aux jumelles
  • Identification d’animaux
  • Identification de chants d’oiseaux et de cris
  • Capture d’insectes ou de batraciens et identification
  • Réalisation d’un herbier
  • Croquis de paysage
  • Détermination de la qualité de l’eau d’une mare
  • Moulages d’empreintes d’animaux
  • Lecture de contes pour les plus jeunes

Pour conclure


Les chasseurs consacrent 1,1M€/an à la sensibilisation à la nature, touchant plus de 250 000 jeunes chaque année (Source FNC).

La chasse consacre annuellement plus d’un million d’euros aux actions de sensibilisation et d’éducation à l’environnement auprès des scolaires et du grand public. Les services d’animations pédagogiques proposés par les fédérations des chasseurs s’adressent aujourd’hui à un public bien plus large que le seul enseignement général : lycées agricoles, maisons familiales rurales, écoles d’ingénieurs, universités, communes pour les activités périscolaires.

Les compétences et l’expériences des techniciens des fédérations sont reconnues, tant sur leur connaissance du domaine du vivant qu’en matière pédagogique. Très loin des fantasmes de propagande destinée à recruter de futurs chasseurs.

Des exemples pour approfondir


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